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Comment partitionner et formatter un disque dur sous Linux en ligne de commande

Introduction

Partitionner un disque dur permet de le segmenter en parties distinctes. Plutôt que de séparer un gros disque dur de 2 téraoctets, par exemple, on pourrait le diviser en deux partitions de 1 téraoctet chacun.

Cette séparation bas-niveau est très utile, à la fois car l’ordinateur utilise ces partitions pour démarrer le système d’exploitation (on parle de la partition EFI), mais aussi pour séparer les données lorsque l’une des partitions doit être reformaté.

Ce tutoriel se concentre sur le partitionnement d’un disque dur sous Linux grâce à l’utilitaire parted. La création de système de fichiers y est aussi abordée, car sans système de fichiers, la partition ne peut être utilisée.

ATTENTION : Le partitionnement peut supprimer irréversiblement vos données, car il ne tient pas compte des systèmes de fichiers, et donc, des données en tant que tel. Pour vous pratiquer, utilisez une machine virtuelle ou un ordinateur dont vous ne perdrez rien.

Vous seuls êtes responsables des opérations que vous faites à l’issue de ce guide.

Vous devez être administrateur de l’ordinateur pour effectuer les opérations.

Ce guide n’expliquera pas les fondamentaux de Linux, ni de l’utilisation de la ligne de commande, ainsi que d’autres éléments, car le tutoriel serait trop long. Il faut être à l’aise avec un ordinateur pour faire ce genre de tâche administrative.

Préparer le logiciel

Puisque les opérations à faire se feront sur Linux, il nous faut démarrer une distribution quelconque. Partitionner peut se faire depuis un système d’exploitation sur l’ordinateur, si vous utilisez déjà Linux, tant qu’on ne désire pas toucher le disque contenant l’OS s'exécutant et que l’on démonte (c’est-à-dire désactiver) toutes les partitions qui seront manipulées. L’idéal est de démarrer un Linux depuis une clé USB, en dehors de l’ordinateur.

Aucune distribution en particulière est plus avantageuse que l’autre, car nous utiliserons parted, un utilitaire disponible sur quasi toutes les distributions et qui est seulement disponible en ligne de commande.

Suivez le guide de votre distribution pour créer la clé USB, que vous choisissez Fedora, openSUSE, Debian ou autre. Insérez la clé USB dans l’ordinateur si ce n’est pas déjà fait, et démarrez-le. Référrez-vous au manuel de votre carte-mère ou ordinateur pour déterminer comment démarrer sur cette clé, ou essayez les touches F8, F12 ou autre.

Une fois démarré, vous devez vérifier la présence de parted et l’installer si ce n’est pas déjà fait.

  • Exécutez la commande whereis parted. S’il vous retourne un chemin, comme /usr/sbin/parted, vous êtes prêt
  • Sinon, référrez-vous au manuel de votre gestionnaire de paquets (zypper, dnf, apt par exemple) pour installer le paquet de parted.

Repérer son disque dur

Vous devez sélectionner le disque sur lequel vous ferez les changements à la table de partition (c’est-à-dire les informations concernant les partitions du disque dur). Ne vous trompez surtout pas!

Pour avoir les informations, exécutez la commande sudo fdisk -l, qui vous donnera une liste des disques durs, avec les partitions déjà créées dessus.

Par exemple, vous aurez quelque comme ceci :

Chaque disque est représenté en tant qu’élément sur chacun de vos systèmes Linux, sous la forme d’un fichier. La nomenclature est la suivante : /dev/sdX, où X est un numéro associé à votre disque dur. Par ce fichier, on peut écrire et lire manuellement sur le disque dur sans égard aux partitions. Par exemple, dans mon image, ce disque dur est nommé /dev/sdb. Comme bonus, on peut voir chaque partition, qui sont dans des fichiers similaires mais avec un suffixe numéroté.

Rappelez-vous du nom de votre disque, puis exécutez sudo parted /dev/sdX en remplaçant X par le bon numéro. N’indiquez pas un numéro de partition, car les partitions ne se font qu’au niveau du disque dur.

À noter : certains périphériques sont nommés autrement. Par exemple, les cartes SD de nomment /dev/mmcblkX, et les partitions, /dev/mmcblkXpY.

Voir les partitions

Pour afficher les partitions, faites print. Ceci vous permettra de revalider que le disque dur choisi est le bon.

Je travaille sur un disque vide

Créer une table de partitionnement

Si vous voulez réinitialiser votre disque ou changer son format, il vous faudra lui écrire la table de partitionnement. C’est un espace réservé qui sert à l’ordinateur et aux systèmes d’exploitation de reconnaître où sont les partitions, ainsi que divers détails.

Il existe deux formats disponibles sur Linux : MBR et GPT. MBR est pour les anciens ordinateurs avant l’arrivée de l’UEFI et a certaines restrictions quant au nombre de partitions et à la taille du disque. GPT n’a pas de limites et est plus flexible (on peut combiner plusieurs programmes de démarrage sur le même disque dur, par exemple, pour Windows et Linux).

Si vous comptez vouloir démarrer depuis ce disque dur (après avoir installé un OS dessus), assurez-vous que votre ordinateur supporte GPT. Sinon, choisissez MBR.

Pour écraser toutes les partitions et donc, vos données, tapez mklabel gpt ou mklabel msdos (pour MBR), selon votre choix. Faites print pour confirmer l’opération.

Créer une partition

Assurez-vous d’avoir assez d’espace pour créer votre partition, puis faites mkpart.

  1. En MBR, vous devez indiquer le type de partition. Tapez primary si ceci est au plus votre 3e partition, sinon créez une partition étendue. Pour la simplicité, ce guide ne discutera pas des partitions étendues.
  2. Entrez un nom de partition si vous le désirez (l’étiquette). Cela peut être utile pour repérer votre disque dur comme sous Windows.
  3. Vous pouvez indiquer le système de fichiers que vous comptez prendre. Le guide prend en compte que vous connaissez ce que sont les systèmes de fichiers.
  4. Entrez la position de début de la partition, c’est-à-dire où débute la partition. Le disque est à voir comme une liste d’octets. Tapez 0 pour commencer dès le début, ou une mesure, comme 8M, 8MiB, 20G pour un endroit précis
    • Note : Si vous voulez créer une partition après une autre, tapez sa position de fin tel que montré dans print.
    • MB est une mesure en bit, et MiB est une mesure en octet. Le choix de la mesure est très important.
  5. Entrez la position de fin. La différence entre la fin et le début déterminera la taille de votre partition.
    • Pour décaler la fin, écrivez plutôt +500MiB par exemple.
    • Pour prendre tout l’espace restant jusqu’à la fin du disque ou la prochaine partition, tapez 100%. parted va déterminer jusqu’à où la partition peut aller, et vous demander une confirmation.
  6. Il se peut qu’on vous avertisse d’un problème d’alignement. Vous pouvez l’ignorer. Souvent, cela arrive si votre 1ère partition commence à 0. Ajoutez un petit espace pour enlever l’avertissement au début.
  7. Votre partition est créée.

Supprimer une partition

Tapez simplement rm X, où X est le numéro de la partition. Ne vous trompez pas!

Redimensionner une partition

Attention, les systèmes de fichiers supportent presque tous de s’étendre, mais pas nécessairement de réduire l’espace! Assurez-vous que vous pouvez effectuer l’opération et de préparer le système de fichiers avant de redimensionner. Sinon, certaines de vos données ou le système de fichiers seront perdus ou endommagés.

Pour redimensionner, utilisez resizepart numéro nouvellefin. La nouvelle fin peut être une valeur fixe, comme auparavant, ou bien un décalage, comme +100MiB, ou encore -5GiB.

Déplacer une partition

Déplacer est une opération coûteuse, car il faut copier toutes les données. En effet, vu que le partitionnement voit le disque dur comme une série d’octets l’un à la suite de l’autre et qu’il travaille directement avec elle, il n’est pas simplement possible de créer une partition à deux endroits distincts.

parted ne semble pas supporter cette opération dans les versions récentes. Utilisez plutôt des applications graphiques, comme KDE Partition Manager ou gparted, car les outils en ligne de commande sont difficiles à utiliser.

Changer les drapeaux

Les partitions peuvent contenir des indicateurs, qui servent d’information au BIOS de l’ordinateur et aux systèmes d’exploitation. Généralement, les seuls pertinent sont boot et esp pour la partition EFI, car cela indique aux ordinateurs UEFI que cette partition contient le programme de démarrage pour le système d’exploitation.

Utilisez set numéro drapeau état, le nom du drapeau étant celui que vous voulez changer, et état soit par on, ou off. Ne mettez des drapeaux que si nécessaire. Référez-vous à des guildes spécialisées pour organiser votre disque dur.

Quitter le logiciel

Tous vos changements se font au fur et à mesure. Tapez simplement quit pour quitter le logiciel. L’ordinateur n’a pas besoin d’être redémarré.

Créer un système de fichier

Une fois la partition créée, un bloc d’espace linéaire est disponible. Pour l’utiliser, on crée quasi toujours un système de fichiers sur ces blocs. Linux supporte une vaste gamme de systèmes de fichiers, certains étant compatibles avec les autres systèmes d’exploitation (comme FAT32 par exemple).

Le choix du système de fichiers est important, et dépend de ce que vous voulez faire de votre partition (système d’exploitation, partition EFI, données, swap).

Une fois votre choix fait, la syntaxe pour créer un système de fichiers ressemble à celle-ci : mkfs.nom /dev/sdXY

Remplacez le nom du système de fichiers, le numéro du disque et celui de la bonne partition par celui correspondant. Par exemple, pour utiliser ext4 sur la 1ère partition du disque sda, faites mkfs.ext4 /dev/sda1 (Vous devez adapter ceci à vos besoins!).

Certaines de ces commandes acceptent des paramètres pour configurer votre système de fichiers. Référez-vous au manuel d’utilisation de ces commandes. Il n’est souvent pas possible de changer certains paramètres par la suite sans devoir recréer un nouveau système de fichiers et de perdre les données.

Conclusion

À présent, vous connaissez la base pour manipuler des partitions. Cela vous sera utile lorsque vous voudrez décider vous-mêmes comment votre disque dur sera partitionné, et lorsqu’une interface graphique pourrait ne pas être disponible.

Sources

partitionner_disque.txt · Dernière modification: 2020/05/08 17:34 par marc